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Alger / Hollande salue la “sagesse” et la “capacité de jugement” de Bouteflika

Alger / Hollande salue la “sagesse” et la “capacité de jugement” de Bouteflika


En visite de travail à Alger, François Hollande est revenu ce lundi 15 juin avec son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, sur la coopération franco-algérienne en matière économique, sécuritaire et culturelle. À l’issue de leur rencontre, le chef de l’Etat français a salué la “sagesse” et la “capacité de jugement” du président algérien.

   Alors que les rumeurs sur la préparation en coulisse de la succession d’Abdelaziz Bouteflika bruissent dans tout Alger et que l’opposition politique dénonce une “vacance de pouvoir”, François Hollande vient d’apporter un soutien de poids au président algérien, en exercice depuis 16 ans. Interrogé sur la santé du chef de l’Etat algérien, Hollande, en visite de travail à Alger ce lundi 15 juin, a affirmé qu’Abdelaziz Bouteflika n’était pas malade mais que seules ses capacités motrices sont diminuées. Et ce n’est pas une nouvelle, a-t-il dit.

“Je ne suis pas médecin et je ne viens pas comme médecin rencontrer un chef d’Etat ou de gouvernement”, a-t-il répondu d’emblée, lors d’une conférence de presse organisée à l’hôtel El Aurassi, à l’issue de son entrevue avec Abdelaziz Bouteflika. Et d’ajouter ensuite : “Sur le plan physique, je vous confirme qu’il ne peut pas se déplacer facilement. Et je le sais depuis longtemps”.

“Grande maîtrise intellectuelle”

Victime d’un accident ischémique transitoire en avril 2013, Abdelaziz Bouteflika n’apparaît depuis en public qu’à de rares occasions. Et jamais debout. Le dirigeant algérien, qui a battu un record de longévité à la tête du pays, disposerait néanmoins de toutes ses capacités intellectuelles, a soutenu ce lundi François Hollande. Une tentative pour faire taire les doutes sur la gouvernance de l’Algérie. “Le président Bouteflika m’a donné une impression d’une grande maîtrise intellectuelle et même c’est rare de rencontrer un chef d’Etat qui a cette alacrité, cette capacité de jugement”, a ainsi affirmé François Hollande. Et de poursuivre : “La qualité de notre discussion, durant près de deux heures, était particulièrement intense et particulièrement élevée”.

Bien que diminué physiquement, celui qui a été reconduit en avril dernier pour un 4è mandat “a toutes les capacités, et il l’a démontré, pour apporter sa sagesse et son jugement pour régler les problèmes du monde. Et je vous le dis avec sincérité et franchise. Si tel n’était pas le cas, je vous le dirai”, a insisté François Hollande.

Les dossiers internationaux ont tenu une place de choix durant la deuxième rencontre officielle entre les deux hommes. François Hollande a ainsi révélé que les deux chefs d’Etat ont évoqué la crise libyenne. Les deux pays prônent une solution politique pour sortir du chaos, qui règne dans le pays depuis la chute de Kaddafi. Autre point abordé : la difficile résolution du conflit malien. Hollande a exprimé sa “gratitude aux autorités algériennes pour l’organisation des discussions de paix qui devraient permettre de signer des accords”.
Benflis recadre Hollande

Benflis recadre Hollande


Tout en considérant “protocolaires” les déclarations du président François Hollande à Alger, Ali Benflis estime que “la vacance du pouvoir est avérée” et qu’elle “n’a pas besoin d’expertise étrangère”.

La réponse, hier, à Alger, en conférence de presse, du président des Avant-gardes des Libertés, Ali Benflis, au président français, François Hollande, a été courte mais percutante.

Invité à commenter les déclarations du chef de l’État français qui a
soutenu lors de sa visite éclair, lundi, dans la capitale algérienne, qu’Abdelaziz Bouteflika jouissait de toutes ses capacités intellectuelles,
Ali Benflis a commencé par dire : “Je n’accorde aucun intérêt aux déclarations protocolaires”, précisant toutefois que “la vacance du pouvoir est une question interne à l’Algérie”, et que “le peuple algérien est le mieux disposé à la constater”. Et comme pour mieux recadrer l’invité français, il ajoute : “La vacance du pouvoir est avérée et n’a pas besoin d’expertise étrangère.”  Ali Benflis a aussi saisi cette occasion pour rappeler qu’en avril 2014, il avait déjà prédit que “l’Algérie n’avait pas élu un président de la République”, mais qu’on venait tout juste “de prolonger la durée de la vacance du pouvoir”. Benflis a constaté que “telle est la réalité” aujourd’hui et que “peu de gens peuvent la nier”. Le président des Avant-gardes des Libertés va encore plus loin et regrette que “la vacance du pouvoir est telle que les prérogatives constitutionnelles et le centre de la décision nationale ont été transférés vers des personnes extraconstitutionnelles”. Maintenant qu’il y a,  toujours selon lui, “tentative de clonage du système”, les conséquences peuvent s’avérer “plus graves”.

“L’école où j’ai fait mes classes ne me permet pas de répondre à Saâdani”

Le président des Avant-gardes des Libertés a été également invité par la presse à commenter les propos tenus contre lui par le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Amar Saâdani.

 Sur ce chapitre, Ali Benflis a préféré, encore une fois, se déclarer au-dessus de la polémique : “Je ne peux pas répondre à ceux-là qui usent de l’invective, car l’école où j’ai fait mes classes ne me permet pas de descendre bas. Je ne peux pas répondre à ceux-là qui ont entraîné la scène politique nationale dans la bassesse, car nous n’avons pas le même concept, voire la même compréhension de la chose politique. La politique est avant tout une question d’éducation et de comportement exemplaire.”
Et pour mieux se situer face à son détracteur, il conclut : “S’il y a lieu de répondre, nous préférons le faire sur le terrain, en présentant des idées, des projets et des solutions au peuple algérien. J’appelle ceux qui veulent polémiquer avec nous, à venir plutôt débattre d’un programme à même de faire sortir l’Algérie de sa crise multidimensionnelle. L’État algérien a perdu sa vitalité et le peuple connaît mieux que quiconque les problèmes du pays.”

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